Mot du Comité

Vous avez dit "participation citoyenne" ? Effectivement, celle-ci ne se limite pas aux seuls droits de vote et d’éligibilité, note la CFM. La Constitution garantit également certains droits fondamentaux à l’ensemble de la population. C’est ainsi que toute personne est en droit de recevoir les informations nécessaires à la formation d’une opinion, dans le but de l’exprimer dans les processus de construction de décisions collectives.

Cette perception de la citoyenneté a été également dans l’esprit et la lettre du combat ayant été mené à la mise en place de la loi sur l’intégration. S’en égarer et oublier sa mission primaire serait une erreur et une régression dangereuse.

Une régression ? oui car le débat sur la binationalité des candidats au Conseil fédéral nous révèle le côté pernicieux de vouloir à tout prix catégoriser le niveau de citoyenneté. L’idée d’avoir des citoyens de première et seconde zone, même pour ceux qui ont fait don de leur vie à la République et ont donné le meilleur d’eux-mêmes comme le premier flic du canton, tire vers le bas et n’honore personne.

Notre institution agit pour la défense des droits fondamentaux de tous afin de ne jamais accepter cette catégorisation du citoyen en zone ou en classe, qu’elle soit la première ou la deuxième classe.

Travailler pour l’intégration des personnes migrantes, c’est aussi accepté les désaccords sur la perception, sur l’interprétation car la nature même du contenu de ce concept est une dynamique. Qui dit dynamique, dit mouvement, interaction, sortir d’un mode statique. Cet élément doit toujours être rappelé aux décideurs et signifier que nous ne sommes pas dans une zone de confort, sans la possibilité d’être contredit. Accepter ce fait est l’une voix de sortie par le haut.

Ainsi, "Accueillir, accompagner et former" résument, en effet, les trois concepts au cœur de notre action de participation et d’intégration. Nous sommes l’une des rares fédérations qui réunissent les associations des communautés étrangères sans distinction d’origine à Genève. Notre engagement dans la direction d’une participation citoyenne est amplement reconnu, il donne du contenu au cadre proposé par le programme d’intégration cantonal et nous comptons poursuivre dans la même lancée. Il est ainsi souhaitable que l’Etat fasse un effort de consolidation de cet engagement et traite tous les acteurs et actrices de la même façon.

Nous entamons le dernier trimestre de l’année 2017 avec l’espoir que la mise en place du PIC II, dès 2018 contribuera à l’approfondissement du travail sur l’intégration en tenant compte de la présence de personnes issues de l’immigration comme acteur social. Faire du processus d’intégration comme une vraie dynamique de participation et non comme un outil de contrôle.

Enfin, nous sommes convaincus de l’importance pour Maison Kultura de rester fidèle à son engagement et sa particularité, à savoir : "construire et exprimer ses opinions".


Milena Sergi
Présidente